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Convergences Kung-Fu Wushu

Le Tai ji Quan : Un amalgame , art de sante ou art martial

18 Mars 2015 , Rédigé par Association Convergences Publié dans #Gros plan

Le Tai ji Quan : Un amalgame , art de sante ou art martial

Tai ji Quan une branche de la médecine traditionnelle chinoise ?

Source : www.icilachine.com

Si le nom est mondialement connu aujourd’hui, la nature même de la discipline reste mystérieuses . Le Taiji Quan, ou Boxe du Faîte Suprême, est réputé pour ses bienfaits sur la santé. Cela suffit-il à en faire une branche de la médecine traditionnelle chinoise ?

 

Lexique :

 

气工 qìgōng : le Qi Gong

太极拳 tài jí quán : la Boxe Taiji .

 

Des apports certains pour la santé physique et mentale

 

La médecine traditionnelle chinoise est un système relativement vaste que l’on divise souvent en cinq branches : l’acupuncture, la pharmacopée (herbes médicinales), les massages (tuina ou anmo), la diététique et le travail énergétique.

Dans ce dernier se trouve incontestablement le Qi Gong, et y est souvent classé également le Taiji Quan. Cette classification est-elle correcte ?

A vrai dire, les vertus pour la santé du Taiji Quan sont incontestables : la science s’est penchée sur la question et atteste avec certitude des bienfaits de cette discipline pour les personnes âgées. Pour de nombreux autres domaines, les études ne sont pas assez nombreuses ni approfondies pour être incontestables, mais les apports de l’art martial chinois semblent exister en ce qui concerne l’amélioration du sommeil ainsi que de la santé physique et mentale.

Un amalgame Qi Gong -Taiji Quan

Cela suffit-il à faire de la Boxe du Faîte Suprême (la traduction littérale de son nom) une branche de la médecine traditionnelle chinoise ? Rien n’est moins sûr, et une telle idée semble venir d’un amalgame fait entre ce système de combat et le Qi Gong, et par extension l’ensemble des arts énergétiques.

Une différence de taille existe, mais est souvent oubliée : le Qi Gong n’est pas un art martial mais un art énergétique. Son nom est assez clair : Qi signigie «énergie» (on peut comprendre ici bioénergie), et Gong signifie «travail».

Le Qi Gong est donc un travail sur le Qi, la bioénergie si l’on veut reprendre un concept occidental. Aucun coup de poing, aucun coup de pied n’y sont enseignés, pas plus que les saisies et clés. Le Taiji Quan part quant à lui d’un objectif tout autre : il s’agit d’un art martial à part entière, très clair d’après son nom : Taiji signifie le «Faît Suprême» (on peut entendre par là le terme «divin»), alors que Quan signifie «poing» ou «boxe».

Il s’agirait donc du niveau de boxe le plus élevé des arts martiaux chinois. De nombreux experts chinois de nos jours le présente d’ailleurs comme la seconde étape menant à la maîtrise totale en combat. La dernière marche de cette évolution vers la perfection n’est autre que le sans forme, la connaissance ultime qui dépasse toutes les limites.

Pourquoi le Taiji Quan est-il perçu comme une thérapie ?

En Occident, mais aussi dans les cercles les moins initiés en Chine, le Taiji Quan est donc assimilé à une pratique physique de développement énergétique, voire à une simple gymnastique pour les personnes âgées. Les raisons d’une telle méprise sont variées.

Dans l’Empire du milieu, l’épisode de la Révolution Culturelle a beaucoup joué dans ce sens. Nombre d’arts martiaux traditionnels ont été mis au banc de la société et jugés illégaux. La plupart des maîtres ont alors dû s’exiler à Taïwan, Hongkong ou dans d’autres pays pour échapper à la répression.

Lors de la réhabilitation des arts martiaux (wushu), deux formes principales se sont développées : le wushu moderne, une version nouvelle plus acrobatique et sportive des arts du combat, et le Taiji Quan. Ce dernier a été «réduit» à une forme de gymnastique douce à l’attention des personnes âgées.

Une multitude de boxes Taiji

C’est cette forme de Taiji Quan qui a pris son essor en Occident ces dernières décennies, faisant passer l’art pour une thérapie plus qu’une science du combat. Or, cette nouvelle pratique n’est dans les faits qu’une bien mince partie du trésor national chinois qu’est la Boxe du Faîte Suprême.

A l’origine, le Taiji Quan représente non pas une discipline mais un ensemble d’arts de combat, dont le style de plus ancien est l’école Chen. Si la tendance commence à s’inverser ces dernières années, c’est souvent la version de l’école Yang, antérieure à Chen, qui est perçue comme LE Taiji Quan par excellence. Logique pourrait-on dire, puisqu’il s’agissait de la forme enseignée aux masses dans les écoles, universités et parcs de toute la Chine.

Cette variante Yang, aux mouvements plus lents et amples, convient parfaitement aux personnes qui recherchent une pratique physique douce et sans risque. Mais du côté des pratiquants les plus traditionnels, cette assimilation du Taiji Quan à un seul style, qui plus est détourné de ses objectifs originels, sonne comme une injustice.

Un art martial avant tout

En Chine, où la pratique purement martiale commence à refaire surface, les maîtres sont dorénavants clairs sur le sujet : les différentes formes de Taiji Quan ne se limitent pas à une succession de mouvements lents à l’attention des aînées.

Le Taiji Quan, qu’il soit du style Chen, Yang, Wu ou autre, est avant tout un art de combat hautement élaboré et aux techniques redoutables. Une démonstration du style Chen, alternant mouvements lents et explosifs, ainsi que l’explication des applications en situation réelle, suffiraient à prouver cette idée.

Vouloir classer le Taiji Quan comme une technique physique de la médecine traditionnelle reviendrait finalement à y incorporer tous les arts martiaux, pas seulement chinois.

Car à niveau élevé, chaque pratiquant, qu’il soit karatéka, taekwondoiste ou expert en Taiji Quan, s’intéresse à la pratique énergétique, au développement de ce que les Chinois nomment le Qi, les Japonais le Ki, ou les Indiens le prana.

L’assimilation du Qi Gong et du Taiji Quan est finalement une erreur de la part des non initiés : le Taiji Quan emprunte des techniques de Qi Gong, ou s’en inspire, pour permettre aux pratiquants d’atteindre des niveaux plus élevés. Un procédé qui existe dans l’ensemble du monde des arts martiaux.

Mais en aucun cas le Taiji Quan n’est une part intégrante de la médecine traditionnelle chinoise. Il s’agit d’un art martial, d’un système de combat, comme le caractère Quan dans son nom l’indique clairement.

 

Source : www.icilachine.com

 

 

 

 

 

 

 

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